Oncle Vania d'Anton Tchekhov
mise en scène Serge Lipszyc
Texte : Anton Tchekhov
Mise en scène : Serge Lipszyc
avec :
Robin Renucci
Estelle Clement-Béalem
Michèle Gaulupeau
Danièle Gauthier
Laurent Huon
Sylvain Méallet
Serge Lipszyc
René Loyon
Judith d'Aleazzo
assistant à la mise en scène : Sylvain Méallet
scénographie : Sandrine Lamblin
lumières : Jean-Louis Martineau
costumes : Jean-Bernard Scotto
traduction : André Markovicz Françoise Morvan
Contact diffusion :
Frédérique Keddari : 06 75 02 71 87/ aria_idf@yahoo.fr


ONCLE VANIA (BA 2'59") from olivier quatrefages on Vimeo.
Une éblouissante noirceur
Afin de servir au mieux la beauté d'un langage à la force poétique et musicale évidente, le metteur en scène a joué la simplicité extrême et un esthétisme de bon aloi : un décor minimal (quelques chaises grises, une table et un samovar qui tient quasiment le rôle principal de l'acte d'exposition), un éclairage très pictural et une économie remarquable dans le jeu des comédiens. Si Robin Renucci a déclenché l'enthousiasme de tous par la précision de son phrasé, la justesse du ton et une présence discrète mais capable de faire jaillir d'éblouissantes gerbes d'humanité, le public a aussi beaucoup apprécié René Loyon et sa pureté très classique, Estelle Clément-Béallem, très émouvante dans sa sincérité, ou encore Serge Lipszyc (également metteur en scène) pour sa force de conviction.
SUD OUEST
Oncle Vania dans une chambre très claire
Il y a mille et une manière de jouer Tchekhov. Celle qu'a choisie Serge Lipszyc est claire et vive. S'appuyant sur la traduction de Françoise Morvan et André Markowicz, il demande aux comédiens une célérité qui donne un spectacle bref (1 h 55) mais qui étouffe un peu, semble-t-il, l'émotion. C'est une production qui émane de la terre forte d'Olmi-Cappella, en Haute-Corse. Là où l'enfant du pays Robin Renucci a créé un foyer de ferveur théâtrale : formation et création s'y mêlent inextricablement et Judith d'Aleazzo, Eléna, comme Estelle Clement Béalem, Sonia, sont passées par cette fraternelle école d'exigence. Michèle Gaulupeau, Marina la nounou, Danièle Gauthier, la grand-mère, sont des femmes de la décentralisation, libres et disciplinées. Il y a là un esprit. Une manière d'y aller. De jouer pour partager, sans narcissisme aucun, et c'est bien. Mais sans se préoccuper de temps, de silences, de pauses nécessaires lorsque l'on veut vraiment faire entendre la musique de Tchekhov et la souffrance des âmes. Serge Lipszyc, pilier de l'Aria, interprète Astrov, le médecin qui trouble les cœurs et les pensées. Il le fait d'une manière assez carrée, tandis que René Loyon compose un Sérébriakov sec à souhait, mais touchant comme touche le Téléguine de Laurent Huon. Les plus beaux moments, ici, sont ceux de l'entente profonde, dans la douleur, entre Vania, délié, précis et fin Robin Renucci, et sa nièce, Sofia. Estelle Clement-Béalem possède une personnalité intéressante et grave, qui convient parfaitement à ce grand personnage tchékhovien de jeune fille.
Armelle Héliot
Le Figaro
Vidéo.
extraits du spectacle